mardi 2 février 2010

Le blogue déménage : fin de transmission !

Je ne posterai plus de nouveaux billets à cette adresse ; j'ouvre un nouveau blogue ici (pour dire la même chose...) et m'en explique .

Pensez à mettre à jour vos signets/flux de syndication !

lundi 1 février 2010

Mon installation d'Ubuntu 10.10 de A à Z

(Billet mis à jour pour Ubuntu 10.10 « Maverick Merkat »)

Ce billet est l'occasion de faire une révision générale d'une bonne partie des billets publiés sur ce blogue.

C'est aussi l'occasion de se rendre compte que, si Ubuntu convient parfaitement aux débutants, au bout d'un certain temps d'utilisation l'utilisateur aura modifié un certain nombre de paramètres de la distribution. Dans mon cas, ça fait quand même pas mal de modifications comme nous allons le voir... [1]


Avant toute chose il est astucieux de créer une clé USB avec l'archive ISO de la distribution afin de réduire fortement la durée l'installation.

A l'installation je choisis l'option de connexion automatique et j'identifie les partitions ∕, ∕home et ∕swap, le tout en ext4.

Dans le menu Système > Préférences > Clavier, onglet « Agencements », bouton « Options », sous « Utiliser la barre d'espacement pour insérer un espace insécable », cocher « La barre d'espacement renvoie une espace ordinaire à tous les niveaux » pour corriger un bogue avec les claviers français qui fait que la touche espace ne marche pas dans beaucoup d'applications sinon (rapport de bogue).

Je remets les boutons de réduction/agrandissement/fermeture des fenêtres à droite avec la commande :
~$ gconftool-2 --type string --set /apps/metacity/general/button_layout "menu:minimize,maximize,close"
(au boulot les postes sont sous Windows, c'est plus facile pour moi d'avoir un système relativement homogène).

Je supprime tout ce qui est lié au service propriétaire Ubuntu One que je n'utilise pas en suivant ces instructions, soit basiquement :
~$ sudo apt-get purge ubuntuone-client* python-ubuntuone-storage*

L'autre élément que vous pourriez vouloir désinstaller c'est le paquet indicator-messages qui est responsable de la petite enveloppe que vous voyez à côté de l'icône « haut-parleur » de réglage du son :
~$ sudo apt-get purge indicator-messages
Idem pour le « MeMenu » qui sert à indiquer votre statut pour la messagerie instantanée et qui est arbitrairement lié au bouton d'extinction :
~$ sudo apt-get purge indicator-me

Je coupe la mélodie de démarrage en décochant GNOME Login Sound dans le menu Système > Préférences > Applications au démarrage

J'ajoute les dépôts pour les versions de développement de PiTiVi , Midori (pensez à ajouter aussi le PPA WebKit comme indiqué) (plus) et de Deja Dup (plus).
Utilisez la commande add-apt-repository adéquate pour gagner du temps, respectivement :
~$ sudo add-apt-repository ppa:gstreamer-developers/ppa && sudo add-apt-repository ppa:midori && sudo add-apt-repository ppa:webkit-team/ppa && sudo add-apt-repository ppa:deja-dup-team/ppa

Mettez à jour la liste des paquets :
~$ sudo apt-get update

Ensuite, installez les paquets suivants (ici vous avez la liste de tous les paquets disponibles dans les dépôts de Lucid) :
~$ sudo apt-get install gstreamer0.10-plugins-bad gstreamer0.10-plugins-bad-multiverse gstreamer0.10-plugins-ugly gstreamer0.10-plugins-ugly-multiverse gstreamer0.10-ffmpeg ttf-liberation totem-plugin-arte gnome-specimen libgsf-bin nautilus-open-terminal deja-dup gtk-recordMyDesktop gftp-gtk gimp gimp-help-fr gimp-plugin-registry vlc kino devede comix dvd95 imagemagick midori epiphany-extensions icedtea6-plugin
NB1 : en vert les codecs et polices, en rouge les accessoires pour compléter mon bureau GNOME, en bleu les logiciels multimédia, en gris les navigateurs et le greffon Java et en noir les outils pour installer les versions de développement de logiciels évoquées ci-après. gimp-plugin-registry installe notamment le plugin "Save for Web" pour Gimp.
NB2 : certains logiciels installent automatiquement libdvdread4 en dépendance. Sinon installez ce paquet manuellement pour pouvoir lire vos DVD par exemple avec VLC. Dans tous les cas complétez l'installation en laçant dans la console :
~$ sudo /usr/share/doc/libdvdread4/install-css.sh
NB3 : pour des usages qui me sont propres, j'installe aussi sqlite3 oggz-tools ffmpeg2theora oggvideotools jpegoptim optipng mkvtoolnix bzr gnumeric abiword quodlibet sound-juicer

J'installe le gestionnaire de presse-papiers Anamnesis.

Je crée un raccourci pour voir la FreeTV avec VLC : « vlc http://mafreebox.freebox.fr/freeboxtv/playlist.m3u ».

Je configure le pare-feu du système (plus).

Je désinstalle Tomboy et tout les machins mono (plus) :
~$ sudo apt-get autoremove --purge mono-runtime

Je configure mon système de fichiers avec l'option de montage « noatime », je crée un disque virtuel pour stocker les données temporaires (notamment le cache de Firefox) dans la mémoire vive et non sur le disque dur : instructions ici, et je monte mon deuxième disque dur comme dossier Vidéos : instructions .

Je paramètre Deja Dup pour la sauvegarde des répertoires contenant mes données personnelles (photos...).

J'installe le paquet KeepNote (plus).

Dans les préférences de Transmission (onglet Torents) je décoche l'option « Afficher les options » pour que les torrents soient ajoutés automatiquement.

Je paramètre les applications associées de KeepNote et sélectionne l'option "use GTK stock icons in toolbar".

Dans les préférences de Nautilus, je sélectionne « Simple clic pour ouvrir les éléments »
Je règle son cas au bureau (nécessite d'avoir une fenêtre Nautilus ouverte pendant la manipulation) :
~$ gconftool-2 --type bool --set /apps/nautilus/desktop/volumes_visible false
~$ gconftool-2 --type bool --set /apps/nautilus/preferences/show_desktop false
~$ gconftool-2 --type bool --set /apps/nautilus/preferences/desktop_is_home_dir true

Je désactive les effets par défaut du bureau et j'active le compositeur de Metacity.

Je désactive les jingles d'ouverture et fermeture de session qui m'énervent.

Je modifie les raccourcis claviers du Terminal pour le copier/coller en faveur de ctrl+c/ctrl+v.

Je créée un nouveau raccourci clavier pour afficher mon dossier Home dans Nautilus, comme suggéré par Kiddo : dans le menu Système>Préférences>Raccourcis clavier, choisir Alt+Home comme raccourci pour Bureau>Dossier personnel.

Je supprime la demande de confirmation d'extinction du système :
~$ gconftool-2 --type bool --set /apps/indicator-session/suppress_logout_restart_shutdown true

Je désactive l'environnement d'exécution Java dans le menu Outils>Options, rubrique Java d'OpenOffice pour accélérer son démarrage.

Je réimporte dans Firefox mes marques-pages, mon certificat me permettant de déclarer mes impôts (les deux via l'interface) et mes mes « searchplugins » (via le gestionnaire de fichiers faute d'interface) et j'installe mes extensions indispensables.
Je configure Firefox pour que la fenêtre de téléchargements se ferme automatiquement à la fin et j'ajuste la gestion des cookies.

Dans les paramètres de prise en charge linguistique, je ne garde que le français. Je désactive les services et applications au démarrage inutiles.

Je règle la question des supers cookies Flash comme indiqué ici.

Voilà, c'est « mon » Ubuntu.
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[1] Il va sans dire que dans le cas d'une réinstallation classique, en conservant son ∕home et donc ses paramètres, il y a beaucoup moins de choses à re−régler.

jeudi 14 janvier 2010

[podcast : l’apéro du Captain Web #19] Spécial logiciels libres

Captain Web starring myself

L'intrépide Captain Web n'a pas eu peur de me ré-inviter pour son apéro hebdomadaire ! Après avoir partagé la rubrique de LTP précédemment pour discuter de la neutralité d'Internet, ce dernier m'a confié une rubrique rien que pour moi le temps d'un podcast pour parler des logiciels libres, sous le regard bienveillant de l'équipage au grand complet.

En plus Kwakos a eu la gentillesse de diffuser un extrait de la chanson des logiciels libres comme introduction à ma rubrique :-)

Pas évident de parler de tout (j'aurais bien aimé insister sur le copyleft...), j'espère ne pas avoir été trop rébarbatif.

Un grand merci à l'équipage du Captain Web pour son ouverture !

Écouter le Podcast

dimanche 27 décembre 2009

Un magnétoscope numérique pour partager

L'adaptateur CGV Premio ST5...

J'avais blogué sur l'excellent adaptateur TNT SD mono-tuner CGV Premio ST1UW que je m'étais acheté (moyennant 40 €) ; et bien, j'ai été tellement satisfait que j'ai racheté deux autres produits de la marque : le CGV Premio ST3 (son successeur) pour mes parents, et le le CGV Premio ST5 (qui propose, moyennant un surcoût de 10 €, une prise HDMI en sus de la connectique existante déjà bien fournie) pour moi.

La particularité des ces adaptateurs est d'avoir une entrée/sortie USB 2.0 permettant d'enregistrer (au format MPEG2-PS) sur support externe (clé USB ou disque dur : compter 2Go environ par heure d’enregistrement) mais aussi de lire vos fichiers pour peu qu'ils soient dans l'un des formats suivants :
  • Audio : MP3, WAV
  • Vidéo : .mpg (MPEG 1, 2, 4), .vob (MPEG 2 MP@ML), AVI [1]
  • Photo : JPEG, GIF
On regrettera juste que les fichiers de sous-titres .srt ne soient pas pris en charge pendant la lecture de vidéos et que les codecs libres Vorbis et Theora ne soient pas non plus gérés.

Comparé au ST1UW qui était bâti sur le processeur SPHE1002, les ST3 et ST5 reposent sur le nouveau processeur Sunplus SPHE1003 qui offre la lecture en différé ainsi qu'une meilleure définition (la résolution standard de la TNT qui est normalement de 720x576 lignes entrelacées est augmentée par extrapolation pour atteindre 720x576 lignes en progressif), sont plus économes en veille (moins de 1 watt), une meilleure alimentation du port USB, et troquent leur boitier plastique contre un boitier métallique (qui isole mieux des interférences).

Le système d'exploitation est toujours de type eCos avec extensions protégées, basé sur un noyau Linux. Malgré cela le système de fichiers FAT32 est le seul reconnu (les enregistrements de plus de 4Go seront donc tronçonnés en plusieurs fichiers).

La connectique comprend :
  • 1 Entrée/Sortie USB 2.0
  • 1 Entrée/Sortie antenne
  • 1 Prise péritel magnétoscope / DVD-R
  • 1 Prise péritel TV RVB
  • 1 Sortie audio numérique SPDIF coaxiale.
  • 1 Prise HDMI (dans le cas du ST5)
Ces modèles n'ont pas de lecteur de cartes mais en connectant un lecteur de cartes USB vous devriez pouvoir accéder à vos photos. Cependant mon lecteur de cartes mémoires 80 en 1 avec Hub USB Brando iMONO n'a pas été reconnu.

Appréciation générale : l'image est bonne, le zapping est rapide et l'interface est conviviale. Ce sont des appareils très agréables à utiliser.
On appréciera également la disponibilité des techniciens de CGV sur le forum officiel et les mises à jour régulières corrigeant les problèmes rencontrés par les utilisateurs.

... associé à un disque dur Western Digital My Passport Essential de 250 Go

J'ai adjoint à mon Premio ST5 un disque dur USB 2.0 autoalimenté Western Digital My Passport Essential de 250 Go (les capacités supérieures sont plus gourmandes en énergie et peuvent poser problème pour une alimentation par la prise USB).

Ils s'entendent à merveille. Ainsi le Premio peut être programmé auquel cas il réveille automatiquement le disque dur qui se coupe à nouveau lorsque le Premio passe en veille.

Le disque dur m'est revenu à 65 € hors frais de port. Si l'on ajoute l'adaptateur TNT (40 à 50 € selon le modèle), vous obtenez un enregistreur numérique complet, de bonne capacité et économe en énergie pour à peine plus de 100 €.

Partager n'est pas voler

Surtout l'avantage que j'ai vu à cette formule c'est la souplesse d'utilisation : le disque dur peut faire des aller-retour entre mon PC et l'adaptateur TNT, et je peux prêter mes enregistrements à mes amis comme au temps du magnétoscope VHS. En effet les adaptateurs à disque dur intégré ne permettent pas de partager ses enregistrements, ce qui, en cette sombre époque où la propagande des majors et de l'État tente de nous inculquer que le partage c'est le vol, n'était pas une solution admissible pour moi.

L'alternative serait un enregistreur DVD à disque dur qui aurait d'autre avantages (l'archivage en DVD) mais cet usage, qui n'est que très accessoire dans mon cas, peut toujours être réalisé occasionnellement sur PC, tandis qu'il est difficile de faire plus simple que le partage d'un enregistrement réalisé directement sur une clé USB ou sur le disque dur comme dans mon cas...

N'oubliez pas qu'à l'ère du numérique, toutes les solutions techniques ne sont pas égales en termes de liberté, d'ouverture et de partage, et que nos choix impactent nos libertés.

______
[1] A ce sujet un technicien précise : « Il n'y aura pas d'extension du support ni pour le H.264 ni pour DivX3. C'est une question de ce que supporte le hardware du processeur du ST5.
Il y a eu beaucoup de types de MPEG 4 depuis 1998 quand on l'a commencé. DivX au début vers 2000 était une amélioration/débridage du MPEG4 de Microsoft qui était bridé pour l'encodage par un particulier. D'où un problème de licence si l'on permet le décodage du DivX3. Bien sûr les derniers .wmv MPEG4 de Microsoft marchent très bien, mais il faut une licence pour les décoder. La grande révolution était vers 2005 où l'AVC ou Advanced Video Coding était introduit et qui est devenu (entre autres) le H.264 d'aujourd'hui qui est excellent, bien connu dans le monde des conférences vidéo.
Le Sunplus SPHE1003 du ST5, dont la fonction principale est de décoder les flux TNT en MPEG2 , ne peut décoder que le MPEG4 Simple Profile (generic MPEG4) des années ~2003 à 2004. Il n'accepte que le vieux et très répandu conteneur .avi qui gère juste le video et audio à débit constant (cbr). Décoder le H.264 (vbr) correctement exige beaucoup plus de resources (vitesse de processeur et mémoire vive) »

lundi 14 décembre 2009

Libre et ouvert (ou l'équation incomplète)

A quoi tiennent nos libertés dans l'univers numérique ? A pas grand chose, vous l'aurez sans doute compris.

Ce qui pourrait à se résumer à :
  • trois garde-fous,
  • une conduite responsable,
  • et le recours à des chevaux de Troie lorsque c'est nécessaire.


Trois garde-fous

J'ai nommé mon blogue « Libre et ouvert » non pas pour créer un club de rencontres mais parceque les logiciels libres et les formats ouverts sont deux pilliers essentiels pour garantir notre liberté dans le monde numérique.

GNU, patron des logiciels libres
(
source)

Les logiciels libres nous donnent le contrôle de notre ordinateur qui est tout de même aujourd'hui - excusez du peu - le témoin d'une grande partie de notre vie privée. [1]

Les formats ouverts nous donnent le contrôle de nos données personnelles afin que nous puissions toujours y accéder, que nous ne puissions en être dépossédés. [2]


Assurez-vous de toujours avoir la clé permettant l'accès à vos données
(
source)

La conjugaison des deux garantit notre liberté et le respect de notre vie privée dans nos activités numériques, du reste toujours plus nombreuses.
Elle empêche qu'un étranger ne puisse s'immiscer dans notre sphère privée pour contrôler nos usages.
Au surplus, les logiciels libres conduisent naturellement à l'utilisation de formats ouverts.

Mais cela ne suffit plus : à présent que nous sommes tous connectés, il faut se préoccuper du respect de nos libertés en ligne. C'est tout l'enjeu de la neutralité d'Internet : que nos moyens de communication - c'est à dire d'expression et d'information - ne soient pas altérés ou filtrés par un étranger. [3]

Logo militant de la neutralité du Net
(
source)


Une conduite responsable

A l'autre bout du réseau, il faut encore faire attention à ne pas confier - volontairement cette fois - votre vie privée à un étranger, auquel cas tous les garde-fous du monde ne pourront rien pour vous.

Jeu gratuit : retrouvez quelle célèbre entreprise se cache derrière ce logo
(source
)

Plutôt qu'un discours théorique, je vous propose une petite fiction pour bien appréhender les enjeux : enGooglés. Hélàs ce n'est déjà plus tout à fait de la fiction (lisez donc cette histoire vraie). Et vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu. [4]

Quelques pistes de désintoxication : yauba ou le futur Mozilla Raindrop.


Des chevaux de Troie lorsque c'est nécessaire


Les gens qui abandonnent depuis quelques mois le dinosaure Mozilla Firefox pour le rutilant Google Chrome ne se rendent pas compte de ce qu'on perdrait s'il n'y avait plus Firefox : c'est le seul navigateur fait par une entité à but non lucratif (ou EBNL pour les amateurs d'acronymes).

Firefox, bien plus qu'un navigateur

Souvenez-vous du temps pas si lointain où Microsoft a pu utiliser le quasi-monopole qu'il détenait sur le marché des systèmes d'exploitation avec Windows pour imposer un monopole similaire sur le marché des navigateurs Web jusque là dominé par Netscape et son logiciel Navigator.
Netscape n'a pu survivre à la puissance de son rival.
Une fois Internet Explorer installé sur tous les ordinateurs, Microsoft a dissout l'équipe de développement et le logiciel n'a plus évolué pendant 6 années, paralysant ainsi l'évolution du Web tout entier... Jusqu'à la résurrection de Navigator - dont le code avait été libéré in extremis par Netscape - en la forme de Firefox poussé par la fondation Mozilla, un organisme à but non lucratif fondé en 2003 qui s'est donné pour objectif non pas seulement de développer un navigateur mais de préserver le choix et l'innovation sur l'Internet.

FDN, association de défense d'Internet et l'un des plus anciens FAI

En France on pourrait citer le cas de French Data Network (FDN) une association à but non lucratif fondée en 1992 dont l'objet est « la promotion, l’utilisation et le développement des réseaux Internet et Usenet dans le respect de leur éthique en favorisant en particulier les utilisations à des fins de recherche ou d’éducation sans volonté commerciale ». C'est aussi d’un des plus anciens fournisseurs d’accès à Internet (FAI) en France encore en exercice.

Pour l'anecdote, je discutais il y a peu avec Benjamin Bayart, le Président de FDN dont j'ai beaucoup parlé ici dernièrement compte tenu de son engagement indéfectible en faveur de la neutralité d'Internet, à la sortie d'une table ronde sur ce sujet à la Cantine, et il y a avait aussi l'ex-dirigeant d'un FAI commercial qui n'avait pu survivre à la puissance des FAI actuellement en place (vous savez, le triumvirat France Telecom-Orange/Iliad-Free/SFR-Neuf Cegetel), et je lui faisais remarquer qu'il était intéressant de constater que, dans des secteurs ultra concentrés, le seul moyen de réinjecter de la concurrence était parfois d'introduire des acteurs sur lesquels les acteurs dominants n'avaient pas de prise directe, des acteurs économiques structurés différemment et ne pouvant être ni asphixiés ni rachetés mais ayant le temps de construire une alternative. Bref, des entités à but non lucratif, véritables chevaux de Troie puisqu'il s'agit d'acteurs économiques à part entière qui investissent un marché mais qui ne sont pas mus par l'appât du gain et dont la structure ne permet pas une prise de contrôle par un concurrent.

Et aujourd'hui, si Mozilla peut proposer, avec Firefox, une alternative au navigateur du tout puissant Microsoft, et si FDN peut constituer un FAI alternatif à Orange/Free/Neuf Cegetel, c'est justement parce qu'ils ont choisi ce modèle économique spécifique, dont les valeurs sont d'ailleurs très proches de celles du logiciel libre. [5]


Lire aussi le billet : Quelle est la différence entre un navigateur libre ?

PS : Je viens de demander à adhérer à FDN (=juste en tant qu'association de défense d'Internet pour l'instant ; la partie FAI est optionnelle et ici on vous explique pourquoi c'est bien aussi) - Edit : ça y est, je suis le 608è adhérent ;-)

_________
[1] Lire la définition d'un logiciel libre sur le site de la Free Software Fondation (FSF)
[2] Lire la définition légale des formats ouverts sur le site formats-ouverts.org
[3] Lire sur ce blogue « Pourquoi la neutralité du Net est importante » : première et deuxième parties
[4] Lire aussi mes commentaires sous ce billet : j'y ai tout développé
[5] Lire Économie Sociale et Logiciels Libres : Le temps de l'alliance ? sur le Framablog

dimanche 13 décembre 2009

Vos émissions habituelles dans Totem avec Plugin Totem Flux

Plugin Totem Flux 0.3.1

Ceux qui lisent mes billets connaissent le génial manatlan, The Man derrière - entre autres - fricorder et jBrout.

Et bien je vous présente aujourd'hui (rapidement) la nouvelle pépite de manatlan : Plugin Totem Flux.

Il s'agit d'un greffon pour Totem, qui donne accès simplement à nombre de flux et de podcasts français :
  • flux (liste éditable de radios/tv : France Inter...)
  • playlists (liste éditable de fils rss/atom audios/videos : YouTube, Dailymotion avec notamment Jonathan Lambert, Rémi Gaillard...)
  • podcasts videos Canal + (Zapping, Guignols, Groland...)
  • podcasts radios (France Inter, Europe 1, RTL...)
Certains flux reposent sur le protocole fermé RTMP et nécessiteraont une mise à niveau de GStreamer pour fonctionner (rapport de bogue correspondant).

La configuration des flux est sauvegardée dans le fichier ~/.totem_flux_live.m3u
La configuration des playlists est sauvegardée dans le fichier ~/.totem_flux_playlists.m3u

Un paquet .deb est disponible sur le site mais, s'agissant d'un logiciel en python, vous ne devriez pas avoir de mal à le faire fonctionner quelque soit votre distribution. Pensez à l'activer ensuite via le menu Édition > Greffons de Totem.

Amusez-vous :-)

vendredi 11 décembre 2009

DADVSI, HADOPI, LOPPSI, ACTA, neutralité du Net : même combat


Avec un peu de recul on s'aperçoit que les batailles menées ces dernières années contre les lois néfastes comme DADVSI et HADOPI et, prochainement, la loi LOPPSI et le traité ACTA, ainsi qu'en faveur de la neutralité d'Internet, ont toutes un objectif commun : la défense des libertés traditionnelles à l'ère du numérique.

Ainsi, on l'a vu [1], le principe de neutralité du réseau conditionne la liberté d'expression. Si, en amont, on n'a pas le principe de neutralité du réseau, on n'a pas la liberté d'expression.

C'est un lieu commun que de dire que la technologie peut être à la fois une source de progrès et un facteur de régressions.
Ces deux composantes se trouvent pourtant exacerbées aujourd'hui.

Des progrès décisifs, des régressions prévisibles

Nous avons connu des progrès extraordinaires en matière de communication avec l'essor d'Internet :
- Internet offre un vaste moyen de communication et d'expression à faible coût : toute la planète enfin reliée !
- Internet offre également un vaste moyen de partage du savoir et de la culture.

Mais, en même temps, les nouvelles technologies sont utilisées pour restreindre arbitrairement les libertés : filtrage, dispositifs de contrôle des usages (D.R.M.), etc.

Les industriels s'arrogent dorénavant le droit de s'immiscer dans votre sphère privée pour contrôler vos usages : à quel site vous pouvez vous connecter, quel livre vous pouvez lire et combien de temps et si vous avez le droit de le prêter, de le donner ou de le revendre...
De véritables menottes numériques sont forgées avec la bénédiction des gouvernements de tous bords poussés par les grands groupes privés à dimension internationale.

Étant personnellement amateur de tennis, il m'arrive de m'étonner de pouvoir encore librement choisir quelle marque de balle utiliser avec ma raquette lorsque je pratique dans mon club. Finalement, si je conserve cette liberté c'est uniquement parceque le numérique n'a pas encore « contaminé » le jeu et que les balles comme les raquettes sont pour le moment encore dénuées d'électronique.
Demain des D.R.M pourraient m'imposer l'utilisation de balles de même marque que ma raquette, mais aussi d'utiliser la marque de raquette qui sponsorise mon club qui pourrait lui-même instaurer un filtrage en cloisonnant les joueurs et en ne m'autorisant l'accès qu'à certains.

Il va falloir se battre pour conserver aujourd'hui les libertés dont nos parents jouissaient hier

On s'aperçoit qu'un certain nombre de libertés qui allaient de soit pour nos parents sont remises en cause aujourd'hui simplement parce que « le passage au numérique » donne à quelques uns les moyens de le faire.

Finalement nous découvrons avec effarement que la garantie principale d'un certain nombre de libertés résidait en fait dans l'incapacité technique de les remettre en cause, d'avantage que dans une quelconque volonté politique ou que dans la combinaison d'un système de normes contraignantes et d'institutions chargées de les faire respecter. Ces libertés ne sont tout simplement pas gardées et cèdent du terrain sous les coups de boutoir répétés de quelques acteurs privés aidés par les différents gouvernements.

Aujourd'hui l'évolution technologique donne la possibilité à quelques uns de rogner les libertés de tous, et seule une farouche volonté politique permettra de rétablir la balance.

A lire :________
[1] Lire « Pourquoi la neutralité du Net est importante » : première et deuxième parties